La dernière femme de Barbe-Bleue – Hortense Dufour

« J’ai sur moi deux clefs d’appartement, dans mon cœur deux ombres d’hommes et je suis seule. Et ils sont seuls. Et j’ai toujours cette haine animale du malheur. »

Que faire quand la clé du bonheur, tel qu’on veut le vivre, ouvre les portes de l’enfer ?

Écrivaine française née en 1946, Hortense Dufour se distingue dans la littérature contemporaine par multiples romans qui ont souvent remporté d’importants prix littéraires. Dans son œuvre, la fiction et la vérité biographique croisent leur chemin sous la plume d’une écrivaine qui m’a pleinement convaincue par sa sensibilité unique et une authentique vision du monde. Paru en 1976 aux Éditions Grasset, La dernière femme de Barbe-Bleue, son deuxième roman, nous livre l’une des réécritures les plus complexes de l’histoire millénaire, universellement connue sous le titre de Barbe-Bleue.

Mathilde, jeune épouse de Pierre, cherche, inconsciemment, l’homme qui pourrait soulager l’âme brisée de l’enfant d’autrefois et remédier au mal causé par un père qui a déçu. Trahie par la soif de vivre pleinement, elle devient « prisonnière » de Jean Bert, un homme considérablement plus ancien qu’elle, qui l’entraîne dans les ténèbres d’une existence chaotique, de l’addiction, des vices, de l’extrême violence et de la sexualité démesurée.

Amour fou, au sens propre du terme, ou plutôt obsession maladive ? La relation fulgurante entre Mathilde et Jean Bert jette la femme aux griffes d’un assujettissement humiliant et douloureux. Victime de ce bonheur clandestin, elle divorce de Pierre, l’époux trahi qui devient son unique refuge d’amour et de protection.

Victime absolue, Mathilde ne rend la clef de la chambre noire qu’après la mort du bourreau. Consciente de son statut de proie, elle l’accepte et vit pleinement son sadisme. Le roman réinvente le mythe littéraire en exploitant non seulement la cruauté du mâle, mais aussi le côté psychologique, peu valorisé par l’histoire millénaire. D’où vient l’obsession et pourquoi ce besoin de violence maladive qui ronge l’existence ? Convaincue de la valeur de ce roman, je vous invite vivement à le découvrir !

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