Les Aérostats – Amélie Nothomb

Dans quelques jours, ma saison préférées reprendra ses droits. Après les canicules estivales et des vacances bien méritées, dont j’ai pleinement profité, il ne me reste qu’attendre la mélancolie automnale qui m’a tellement manquée. Personnellement, contrairement à la logique temporelle, je ressens l’automne comme une nouvelle étape, le moment qui me donne l’énergie pour reprendre les ficelles et accomplir mes projets.

Évidemment, l’un des événements les plus attendus de cette période est la rentrée littéraire. Par conséquent, je ne pouvais pas célébrer ce premier anniversaire de Journallivresque qu’avec Amélie Nothomb, le premier écrivain, dans notre cas écrivaine, dont je vous ai parlé. Cette fois-ci, je vous propose la lecture de son dernier roman : Les aérostats.

L’auteure d’origine belge ne nous surprend pas. Le roman dialogué s’inscrit parfaitement en continuation de ses œuvres précédentes, l’ironie et l’auto-ironie n’y manquent pas, l’expérience des personnages relève du quotidien contemporain, mais, en même temps, s’en détache par une sorte d’absurde que l’écrivaine cultive.

Le fil narratif est plutôt simple. Contractée par le père de Pie, Ange, étudiante en philologie, doit soigner la dyslexie de l’adolescent et l’initier au plaisir de la lecture. J’ai beaucoup apprécié le sujet abordé par Amélie Nothomb. Le refus de lire, et encore plus de lire les classiques, est l’un des problèmes auxquels se trouvent confrontés les adolescents contemporains. Pour Ange, l’initiation à la lecture ne peut se faire qu’en tenant compte de la personnalité et des passions du lecteur. Par conséquent, les livres à lire, même les classiques, doivent dans un premier temps correspondre aux sujets qui le préoccupent. J’ai bien apprécié l’idée et la démarche et j’aimerais qu’elles soient plus exploitées par les profs de nos écoles.

Le roman est ce qu’on appellerait un métatexte, une œuvre construite autour d’un dialogue sur quelques œuvres classiques appartenant à la littérature universelle. Cette démarche nothombienne prouve que toute œuvre n’est qu’une lecture et une réécriture d’une œuvre passée et que le contemporain ne peut pas être véritablement compris sans l’approfondissement préalable de ce qui a résisté au passage du temps.

Néanmoins, j’ai le sentiment que le roman manque de quelque chose pour que les attentes d’une lectrice nothombienne soient complètement satisfaites. La fin abrupte me semble avoir coupé les ailes des personnages, précisément au moment où je commençais à les aimer. J’aurais voulu les connaître un peu plus, savoir ce que Pie et Ange sont devenus après le terrible dénouement de leur courte histoire. Il me semble que le livre n’est que la première partie d’un roman et j’aimerais que l’écrivaine nous éclaire, peut-être l’année prochaine, sur l’avenir de ses deux personnages.

En tant que lectrice des romans nothombiens, je vous invite à lire Les aérostats. Vous passerez un très bon moment, en compagnie de deux personnages qui vous amusent, vous intriguent, vous échappent et sont prévisibles, tout à la fois. À part l’excipit un peu trop abrupte, le roman m’a beaucoup plu !

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